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Nettoyants et démaquillants

Nettoyant visage : lire la formule avant de choisir

Gel, mousse, crème ou huile : l’étiquette compte plus que la texture. Voici comment lire les tensioactifs, le pH et l’alcool d’un nettoyant visage, avec les sources.

Schéma : trois lectures pour choisir un nettoyant visage, la liste INCI, l’alcool et le pH, puis un test sur une petite zone
Schéma Routine SkinCare

Au rayon nettoyants, tout se ressemble : gel, mousse, lait, huile, baume. Le nom de la texture t’apprend peu de choses. Ce qui change l’effet sur ta peau, c’est la formule : quels tensioactifs, quel pH, quelle présence d’alcool. Voici comment la lire.

Choisir un nettoyant en trois lectures1Lirela liste INCI,tensioactifs en tête2Vérifiersans alcool,pH neutre ou acide3Testerune petite zone,7 à 10 jours
Schéma Routine SkinCare : trois lectures pour choisir un nettoyant visage, d’après l’American Academy of Dermatology et une revue de 2004.

Ce qu’un nettoyant doit faire

Un nettoyant décroche le sébum, la crème solaire, la sueur et les résidus pour que l’eau les emporte. Il le fait grâce à des tensioactifs, des molécules qui se fixent à la fois sur le gras et sur l’eau. Le coco-glucoside en est un exemple courant : CosIng lui attribue les fonctions de nettoyant, de moussant et de tensioactif nettoyant (CosIng).

Le problème : un tensioactif ne fait pas le tri entre le sébum à retirer et les lipides dont ta peau a besoin. Tout l’enjeu d’un bon nettoyant est de nettoyer sans trop décaper.

Les conseils de l’AAD

L’American Academy of Dermatology résume le choix en quelques critères (AAD, « Face washing 101 ») :

  • un nettoyant doux, non abrasif et sans alcool ;
  • de l’eau tiède pour laver et rincer ;
  • le bout des doigts, car les gants de toilette, éponges en maille et autres outils peuvent irriter ;
  • pas de frottement : l’AAD invite à résister à l’envie de frotter ;
  • un lavage deux fois par jour et après avoir transpiré, puis un séchage en tapotant avec une serviette douce ;
  • une crème hydratante si la peau est sèche ou si elle démange.

Pour le détail des gestes, lis nettoyer son visage comme les dermatologues.

La recherche sur les tensioactifs et le pH

Une revue de la littérature publiée en 2004 dans Dermatologic Therapy (Ananthapadmanabhan et coll., 40 références) donne la logique derrière ces conseils. Elle explique que des tensioactifs agressifs peuvent abîmer les protéines et les lipides de la peau, ce qui donne une sensation de tiraillement après le rinçage, de la sécheresse, de l’irritation et parfois des démangeaisons. Les tensioactifs qui interagissent peu avec les protéines et les lipides sont dits « doux ».

Les auteurs relèvent aussi le rôle du pH. Des solutions à pH 10, même sans tensioactifs, gonflent la couche cornée et modifient la rigidité de ses lipides. Ils en déduisent qu’un nettoyant à pH neutre ou acide, proche du pH de 5,5 de la couche cornée, est potentiellement moins agressif. Enfin, des lipides, des occlusifs et des humectants dans la formule limitent les dégâts et compensent une partie des lipides perdus au lavage.

Les limites de cette revue

Les auteurs travaillaient pour Unilever, fabricant de produits d’hygiène : à garder en tête. Il s’agit d’une revue narrative qui rassemble des études in vitro, ex vivo et in vivo, et elle date de 2004. Son résumé ne nomme pas de tensioactif précis, donc elle ne dit pas quel ingrédient est doux (PubMed 14728695).

Gel, crème ou huile : ce que les sources ne tranchent pas

Les sources citées ici ne comparent pas les textures entre elles. Impossible donc d’affirmer qu’un gel vaut mieux qu’une huile pour une peau grasse ou sèche. Les critères solides sont ceux de la formule et de ton ressenti :

Ce que tu observesCe que ça peut signifier
Peau qui tiraille après le rinçageFormule trop décapante pour toi : change de nettoyant plutôt que de frotter.
Alcool dans la liste INCIÀ éviter selon l’AAD : cherche un nettoyant sans alcool.
Humectants (glycérine) dans la formuleCohérent avec la revue : ils limitent les dégâts du lavage.
Rougeurs ou picotements marquésArrête le produit et demande l’avis d’un dermatologue si ça persiste.

Un exemple de lecture d’étiquette

Imagine un gel dont la liste commence par AQUA, COCO-GLUCOSIDE, GLYCERIN. Tu y lis, dans l’ordre décroissant : de l’eau, un tensioactif nettoyant et moussant, puis un humectant. Rien n’indique à lui seul qu’il te conviendra, mais la structure est lisible. À l’inverse, un nettoyant qui affiche de l’alcool dans les premiers ingrédients s’écarte du conseil de l’AAD.

Le pH est plus difficile à vérifier : il n’est pas toujours indiqué sur l’emballage. Quand une marque le précise, un pH neutre ou légèrement acide va dans le sens de la revue de 2004. Quand il n’est pas indiqué, ton ressenti après le rinçage reste le meilleur indicateur.

Le geste, pas à pas

  1. soir : mouille ton visage à l’eau tiède
  2. soir : applique le nettoyant du bout des doigts, sans frotter
  3. soir : rince à l’eau tiède
  4. soir : tapote avec une serviette douce
  5. soir : hydrate si la peau est sèche ou si elle démange

Tester avant d’adopter

Un nouveau nettoyant s’essaie sans bouleverser le reste : un seul changement à la fois, et une petite zone d’abord, selon la méthode des 7 à 10 jours. Place-le au tout début de ta routine, avant les autres produits, dans l’ordre d’application habituel.

Tu trouveras d’autres repères dans la rubrique nettoyants.

Sources : American Academy of Dermatology, « Face washing 101 » ; Ananthapadmanabhan KP et coll., « Cleansing without compromise », Dermatologic Therapy, 2004, 17(Suppl 1):16-25 ; Commission européenne, base CosIng, fiche COCO-GLUCOSIDE (consultée le 2026-10-13).